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Les universités libanaises à l’heure du journalisme numérique : entre adaptation et innovation

Journaliste web
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La transformation numérique a fait de l'écran une plateforme indispensable et de la rapidité une norme professionnelle. Comment les universités libanaises adaptent-elles leurs programmes pour répondre aux exigences du travail médiatique moderne ? 

Après la numérisation, le journalisme n'est plus l'apanage des détenteurs de stylos ; tout possesseur de smartphone est un reporter potentiel, quel que soit son parcours professionnel. « Tout le monde peut produire du contenu, qu'il s'agisse de vérifier ou d'enquêter sur l'information » appuie Mirna Bassil Khalife, directrice du département d’information et de la communication à l'université Antonine de Beyrouth. « Les citoyens ont la liberté d'expression, mais ils doivent vérifier les informations qu'ils reçoivent, et avoir une approche critique » souligne Edmond Abou Dagher, chercheur à l’université Saint-Esprit de Kaslik.

Adapter les universités à la transformation numérique 

« Il est important que toutes les universités libanaises modifient régulièrement leurs programmes d'études afin de suivre l'évolution du métier. Préparer des journalistes capables de gérer les nouveaux médias, de vérifier les informations rapidement et avec précision, tout en maintenant des normes professionnelles et éthiques est en effet un enjeu majeur.  A cet effet l'université Antonine révise son programme d'études tous les deux ans sur la base de consultations avec des professionnels du secteur, des évolutions technologiques et des attentes du marché du travail ».

La formation au journalisme nécessite un équilibre entre la théorie et la pratique pour permettre aux étudiants d'utiliser les outils numériques.  « Nos étudiants sont immergés dans des contextes professionnels, nous avons investi dans des studios numériques et prévoyons des ateliers dans des laboratoires multimédias pour permettre un apprentissage actif », a expliqué Mirna Bassil Khalife. Il est essentiel aussi d'intégrer l’Intelligence artificielle dans les programmes de formation au journalisme.  « Elle permet aux journalistes de gagner du temps et de trouver l'information dont ils ont besoin » estime Marie-Noëlle El Khoury, chercheuse au laboratoire des sciences de la communication de l'université libanaise. Cependant, Abou Dagher a un point de vue différent : « L'IA, les données ou les algorithmes ont aussi besoin des humains, et ils doivent être constamment mis à jour. » 

Pour sa part, Mirna Bassil Khalife indique que les étudiants apprennent à utiliser les outils d'IA pour générer du texte et des images, mais toujours avec un œil critique, dans le but d'améliorer les compétences techniques sans perdre de vue la conscience éthique des dangers de la manipulation et de la désinformation. Les universités ne se contentent pas d'enseigner aux étudiants les techniques de production de contenu, mais s'efforcent également de les doter des techniques nécessaires pour contrôler et vérifier les bonnes informations. 

Pamela Hajj Moussa et Lara Bassal (Étudiantes en Master d’Information et de Communication à l’université Antonine).