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Conférences 2026-2027

L’EJCAM organise des conférences et des tables rondes en accueillant, régulièrement, experts, universitaires ou professionnels des médias, de la presse et de la communication. Ces évènements, qui s’adressent prioritairement aux étudiants de l’EJCAM et aux enseignants-chercheurs, sont également ouverts aux étudiants, enseignants et chercheurs hors EJCAM, ainsi qu'aux journalistes en ayant fait la demande préalable auprès d'Amrita Gheenoo et sous réserve des capacités d'accueil.

2026-2027

  • 17 septembre 2026, Table ronde : Journalisme et Ouverture sociale

    Table ronde Journalisme et ouverture sociale
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    L'École de journalisme et de communication d'Aix-Marseille (EJCAM) a accueilli le 17 septembre une table ronde consacrée à la question de l'« ouverture sociale » dans le journalisme. La table ronde a réuni :
    •    Chantal Jaquet, philosophe, professeure émérite à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
    •    Adrien Naselli, journaliste à Libération
    •    Paul Pasquali, sociologue, chargé de recherche au CNRS (CESSP)
    La modération était assurée par Magali Nonjon, professeure des universités en science politique (Sciences Po Aix / Mesopolhis), et Claire Tomasella, maîtresse de conférences en sciences de l'information et de la communication (Aix Marseille Université / IMSIC).

    Cet événement inaugurait un cycle de conférences intitulé « Médias et classes sociales », organisé en partenariat avec le laboratoire Mesopolhis. Il s'inscrit dans le programme de recherche JOUVERT « Un nouveau champ des possibles ? Étude des parcours de l'ouverture sociale et culturelle dans le journalisme », lauréat A*Midex Pépinière d'Excellence 2025, porté par Claire Tomasella.

     

    Une question qui traverse les débats sur le pluralisme médiatique

    Claire Tomasella ouvre la table ronde en évoquant le contexte actuel, où la question du pluralisme politique occupe une place croissante dans le débat public. Pour elle, ces discussions ne peuvent éluder une interrogation centrale : qui est aujourd'hui en mesure de porter une parole dans l'espace public ? Elle rappelle que les journalistes et les écoles de journalisme font l'objet de critiques récurrentes quant à leur caractère élitiste et à leur homogénéité sociale. Ces critiques concernent d’autres sphères sociales et filières dite « d’excellence », qu'ont étudié des travaux en sciences sociales. Ceux-ci ont porté à la fois sur la reproduction sociale et sur les trajectoires de mobilité de celles et ceux qui parviennent à occuper des positions statistiquement peu probables au regard de leurs origines.
     

    Adrien Naselli : mieux prendre en compte la classe sociale dans le travail journalistique 

    Issu de classes populaires, Adrien Naselli est devenu journaliste sans passer par un dispositif d'égalité des chances. Il est passé par le Centre de formation des journalistes (CFJ) et travaille aujourd'hui à Libération. Il a mené une enquête auprès des parents de ce qu'on appelle communément des « transfuges de classe », ou « transclasses », publiée sous le titre Et tes parents, ils font quoi ?. S'appuyant notamment sur le dernier classement PISA, il considère que l'école est l'institution française qui reproduit le plus fortement les inégalités de naissance, et regrette que les sujets liés à la classe sociale, pourtant essentiels, restent peu traités par les médias. 

     

    Paul Pasquali : mobilité sociale et frontières des filières d'élite

    Chargé de recherches au CNRS, Paul Pasquali a mené une enquête ethnographique sur les trajectoires collectives des bénéficiaires des politiques d'ouverture sociale, en s'intéressant en particulier à ce que la mobilité sociale fait à ceux qui la vivent. Ce travail a donné lieu, en 2014, à la publication de livre Passer les frontières sociales. Comment les « filières d'élite » entrouvent leurs portes. Son second ouvrage, Héritocratie : les élites, les grandes écoles et les mésaventures du mérite (1870-2020), adopte une perspective socio-historique pour déconstruire le mythe méritocratique qui sous-tend les dispositifs d'ouverture sociale, et montre comment les grandes écoles s'emploient à défendre leurs frontières.
    Paul Pasquali a évoqué les questions de niveau et de retard face à des codes institutionnels souvent bourgeois, ainsi que la nécessité d'un travail d'analyse sur le sens des limites et sur le poids des différentes formes de capital (social, culturel, économique). Selon lui, les déterminismes sociaux favorisent ceux qui héritent d'un capital déjà constitué, et se renforcent d'autant plus que l'on dispose de moins de temps pour se cultiver. Il s'est interrogé sur l'inégale acquisition d'une culture générale au moment du baccalauréat, et a suggéré que les écoles rendent publiques les catégories socioprofessionnelles de leurs étudiants. S'adressant aux étudiants en journalisme, il a insisté sur la nécessité de se former aux sciences sociales, au-delà de la seule culture journalistique. Pour lui, prendre conscience des rapports de classe et d’où on se situe dans l’espace sociale constitue déjà une avancée. 
     

    Chantal Jaquet : penser le processus « transclasse »

    Professeure émérite à l'Université Panthéon-Sorbonne et spécialiste de Spinoza, la philosophe Chantal Jaquet a proposé le concept de « transclasse » dans son ouvrage Les Transclasses ou la non-reproduction (2014), pour penser philosophiquement les parcours d'exception à la reproduction sociale, c'est-à-dire le passage d'un monde social à un autre, sans préjuger du sens de cette mobilité. Elle développe une pensée de la « complexion », soit d’un métissage des déterminations sociales qui ne concerne pas uniquement les « transclasses ». Dans son ouvrage, Révolutions transclasses (2025), elle interroge la question de l'émancipation collective, rappelant que la trajectoire d'un transclasse n'est jamais rectiligne.
    Elle a précisé qu'un transclasse désigne une personne qui change de milieu social au cours de sa vie, le plus souvent par ascension d'une classe populaire vers une classe moyenne ou supérieure. Elle préfère la notion « transclasse » à celle de « transfuge de classe », connotant l'idée de trahison ou de désertion, ou à celle d'« ascension sociale », qui porte un jugement de valeur implicite sur les classes.
    Chantal Jaquet a également pointé la tendance à faire porter à l'école seule la responsabilité de changer les rapports sociaux, alors que certaines politiques contribuent au contraire à maintenir la position de la classe dominante. Elle s'est interrogée sur les politiques globales susceptibles d'enrayer la reproduction du système de domination, rappelant que nul n'est responsable de sa naissance, et sur le risque que le système médiatique, malgré ses efforts, reproduise parfois les inégalités qu'il entend combattre. Pour elle, sans les moyens donnés aux parents d'accéder au capital culturel et économique, les inégalités ne pourront reculer ; c'est le rôle de chaque institution qu'il faut repenser.
     

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Amrita
Nom
GHEENOO MERADJI
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Fonction
Chargée de communication